Ce sont vos conditions de location qui décident de cela. Pas celles d'une plateforme, pas un usage vague : ce que vous avez écrit dans votre contrat et vos conditions générales, et que le voyageur a accepté avant de valider sa réservation et payer. Encore faut-il qu'elles existent, qu'elles emploient les bons mots — acompte plutôt qu'arrhes — et qu'elles soient raisonnables.
C'est tout l'enjeu en réservation directe. Des conditions trop souples vous laissent sans recours quand un voyageur se désiste en juin pour le mois d'août. Des conditions trop dures font fuir le voyageur qui n'hésitera pas à comparer avec ce qu'il connaît ailleurs. Cette page vous donne les usages qui fonctionnent, en distinguant bien le gîte et la chambre d'hôtes, car ils n'obéissent pas du tout à la même logique.
Sans précision, une somme versée d'avance est considérée comme des arrhes, avec des conséquences très différentes.
Le gîte se réserve longtemps à l'avance et s'engage ; la chambre d'hôtes se compare à l'hôtel et doit rester souple.
Un barème ne vaut que si les sommes sont déjà encaissées au moment où il s'applique.
Les deux mots désignent une somme versée d'avance, mais ils n'engagent pas de la même façon.
| Arrhes | Acompte | |
|---|---|---|
| Nature de l'engagement | Chacun peut se désister | La réservation est ferme pour les deux parties |
| Si le client annule | Il perd les arrhes, et rien de plus | Il doit ce que prévoient vos conditions d'annulation |
| Si vous annulez | Vous remboursez le double des arrhes | Vous remboursez tout, et le client peut réclamer des dommages et intérêts |
| Sans mention dans le contrat | C'est la qualification retenue par défaut | Le terme « acompte » doit être écrit en toutes lettres sinon par défaut c'est considéré comme des arrhes. |
Le piège est dans la dernière ligne. Un propriétaire qui écrit « versement de 30 % pour réserver » a, sans le savoir, demandé des arrhes. Le mot « acompte » doit figurer dans le contrat, dans les conditions générales et sur la confirmation de paiement, de façon cohérente.
Dans la pratique, l'acompte est l'usage : c'est ce que pratiquent la très grande majorité des propriétaires de gîtes, les grands réseaux comme Gîtes de France, et c'est le mot que les voyageurs ont l'habitude de lire. Les propriétaires se méfient des arrhes pour une raison simple : devoir rembourser le double le jour où un dégât des eaux vous empêche d'accueillir est une perspective peu réjouissante.
Précision utile : le délai légal de rétractation de 14 jours ne s'applique pas aux prestations d'hébergement fournies à une date déterminée, même réservées sur Internet. Une annulation gratuite, quand elle existe, est une souplesse que vous accordez, pas un droit du voyageur.
Vos conditions ne seront jamais lues isolément. Le voyageur les compare, consciemment ou non, avec ce qu'il a vu ailleurs.
Sur Airbnb, le propriétaire choisit parmi plusieurs politiques standard : flexible, avec annulation gratuite jusqu'à 24 heures avant l'arrivée ; modérée, jusqu'à 5 jours ; limitée, jusqu'à 14 jours ; ferme, jusqu'à 30 jours, avec un remboursement partiel ensuite et rien dans les derniers jours. S'y ajoute une fenêtre d'annulation gratuite de 24 heures après la réservation lorsqu'elle est faite suffisamment à l'avance.
Sur Booking, il n'existe pas de barème unique : chaque établissement fixe sa date limite d'annulation gratuite, ses frais au-delà, et peut proposer un tarif non remboursable.
Chez Gîtes de France, le schéma est le plus proche de celui des gîtes en direct : un acompte de 25 % à la réservation, le solde un mois avant l'arrivée, et le paiement intégral pour une réservation à moins de 30 jours.
Ce qu'il faut en retenir : un voyageur qui peut annuler gratuitement à J-14 sur une plateforme et qui trouve chez vous une retenue de 30 % dès la réservation peut préférer payer plus cher ailleurs. La souplesse fait partie de la valeur de votre offre, au même titre que le prix. Sur l'écart de prix lui-même, voir faut-il afficher le meilleur tarif sur son site officiel.
C'est le schéma que suit la quasi-totalité des propriétaires de gîtes, et aucun voyageur n'en est surpris : 30 % d'acompte à la réservation, le solde 30 jours avant l'arrivée, et le paiement intégral si la réservation est faite à moins de 30 jours. Certains voyageurs l'apprécient même, quand une plateforme leur demande tout dès la réservation.
Ce calendrier a une vertu qu'on remarque moins : au moment où les retenues d'annulation deviennent importantes, vous avez déjà l'argent. Un barème qui retient 50 % à J-15 ne vaut rien si vous n'avez encaissé que 30 % et que le solde n'est jamais arrivé — récupérer la différence auprès d'un client qui ne répond plus est, en pratique, presque impossible.
Voici un barème assez typique utilisé par de nombreux propriétaires de gîtes, issu des pratiques historiques des réseaux de gîtes :
| Annulation par le client | Somme retenue |
|---|---|
| Plus de 30 jours avant le séjour | 10 % du prix du séjour |
| Entre le 30e et le 21e jour inclus | 25 % |
| Entre le 20e et le 8e jour inclus | 50 % |
| Entre le 7e et le 2e jour inclus | 75 % |
| Moins de 2 jours avant le séjour | 90 % |
| Non-présentation du client | Aucun remboursement |
Les 10 % retenus d'office méritent une explication. Ils constituent un engagement faible mais réel pour décourager une pratique de certains voyageurs : réserver plusieurs gîtes à la fois pour les vacances, puis choisir plus tard en famille, en laissant les autres propriétaires avec un temps insuffisant pour relouer. Dix pour cent, c'est peu pour un voyageur sérieux, et c'est un message clair : ne réservez pas dans le vide. Votre offre y perd un peu en souplesse, mais l'engagement y gagne.
Complétez ce barème par deux règles : en cas d'interruption du séjour par le client, pas de remboursement ; en cas d'annulation de votre fait, remboursement immédiat et intégral des sommes versées.
Adaptez-le à votre calendrier. Ce barème est une règle par défaut, pas un dogme. Les séjours de Noël, souvent réservés entre la fin août et la mi-octobre sur une offre rare, justifient des conditions plus strictes — certains propriétaires vont même jusqu'à ne rien rembourser pour cette période des fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre. À l'inverse, en basse saison, pour un week-end ou pour des professionnels de passage, des conditions plus souples permettent de faire la différence face à l'hôtellerie. Le bon réglage dépend de votre produit, de vos saisons tarifaires et de votre clientèle.
Airbnb teste en France, à partir du 8 octobre 2026, une option d'annulation prolongée déjà proposée dans une douzaine de pays. Le voyageur paie un supplément à Airbnb pour pouvoir annuler avec remboursement intégral jusqu'à 24 heures avant l'arrivée, quand la politique de l'hôte n'est pas réglée sur "Flexible". Elle est activée par défaut sur les annonces en conditions modérées, limitées ou fermes, et peut être désactivée dans les réglages de l'annonce.
Officiellement, l'hôte reste payé selon sa propre politique d'annulation : c'est Airbnb qui finance la différence. Deux réserves pourtant. En cas de circonstances extraordinaires reconnues par Airbnb, l'hôte n'est pas payé. Et des propriétaires des pays déjà concernés rapportent des versements erronés, corrigés seulement après de longues réclamations. Si vous laissez l'option active, surveillez de près chaque versement après une annulation — voir la présentation de l'option par Airbnb.
Pour la réservation directe, l'enseignement est ailleurs : la flexibilité devient un produit que le voyageur paie en supplément sur la plateforme. Des conditions claires et raisonnables sur votre site n'en ont que plus de valeur.
Airbnb cherche à concurrencer l'offre de Booking plus proche de l'hôtellerie mais beaucoup de propriétaires ne sont pas enclins à accepter cette souplesse, sauf dans des cas spécifiques.
Le voyageur qui réserve une chambre d'hôtes la compare à une chambre d'hôtel. Il vous choisit comme une alternative plus chaleureuse, mais il ne veut pas s'engager définitivement : ses dates de vacances ne sont pas arrêtées, ou il se déplace pour son travail et son planning peut changer. Ce qu'il attend, c'est de pouvoir annuler sans frais jusqu'au dernier moment, la limite généralement admise se situant autour de 7 jours environ avant l'arrivée, et d'être remboursé en totalité dans ce délai.
Le propriétaire se retrouve donc face à un choix selon les périodes. En pleine saison, il cherche à sécuriser son chiffre d'affaires avec des vacanciers, un minimum de nuitées et des conditions plus fermes. En basse saison, il a intérêt à être plus souple pour capter les professionnels, qui attendent une vraie capacité d'annulation. C'est pour cette raison qu'il est utile de pouvoir définir des conditions d'annulation différentes selon les périodes, plutôt qu'une règle unique pour toute l'année.
La question du paiement se pose différemment aussi. Un hôtel facture généralement la première nuit en cas de non-présentation (ce qu'on appelle le no-show en hôtellerie), parce qu'il a le volume pour relouer les suivantes à la dernière minute. Une chambre d'hôtes, avec trois ou quatre chambres, n'a pas cette capacité : un client qui ne vient pas, c'est souvent tout le séjour de perdu. D'où l'intérêt pour le propriétaire d'avoir encaissé l'essentiel avant l'arrivée.
En pratique, tout dépend du montant du séjour :
Au-delà de ces montants, demander un pourcentage plus élevé devient un frein. Le no-show, lui, reste un risque que le propriétaire de chambres d'hôtes accepte en partie ; les moyens de s'en prémunir, comme l'empreinte bancaire, ont leurs propres limites.
Conditions générales et conditions particulières. La règle la plus pratique est celle-ci : les conditions générales de vente fixent la règle par défaut, et si les conditions particulières d'un contrat prévoient d'autres conditions d'annulation, ce sont elles qui s'appliquent. Vous pouvez ainsi fonctionner par exception — un Noël plus strict, une réservation professionnelle plus souple — sans réécrire vos CGV à chaque fois.
Ce que le contrat et les CGV doivent préciser : le logement, les dates, le nombre de personnes, le prix total en distinguant la taxe de séjour et le dépôt de garantie, le mot « acompte » et le montant standard en pourcentage du total du séjour, l'échéance du solde et les moyens de paiement, le barème d'annulation avec sa base de calcul, la façon de notifier une annulation, et ce qui se passe en cas de non-présentation, d'interruption de séjour ou d'annulation de votre fait. Un contrat de location saisonnière complet couvre l'ensemble.
La preuve de l'acceptation. Des conditions que le voyageur n'a pas acceptées ne vous protègent pas. Le plus sûr est de lui faire valider le contrat, les CGV et la fiche descriptive d'un geste clair, avant de lui présenter les moyens de paiement. Dans Gîte et Bien, cette validation est horodatée et enregistrée avec les éléments de la réservation — noms, dates, montants — et l'adresse IP de la personne qui a validé, puis scellée par Gîte et Bien, qui peut servir d'intermédiaire neutre en cas de désaccord. C'est suffisant pour documenter l'engagement, sans imposer au voyageur une signature électronique lourde qui ferait fuir la plupart des réservations. Voir l'édition des contrats de location.
Le calendrier de paiement automatique. Le moteur de réservation du logiciel de gestion de réservations que vous choisissez doit de lui-même moduler l'acompte selon la proximité du séjour : paiement intégral en dessous de votre délai pour payer le solde, et au-delà selon le seuil que vous paramétrez, pour éviter de demander un acompte puis un solde quelques jours plus tard. Un montant minimum peut aussi être défini en dessous duquel la totalité est demandée — surtout utile en chambre d'hôtes.
Ce qu'il ne faut pas écrire. « Aucun remboursement quel que soit le motif » est une formule qui ne tient pas : elle ne peut pas écarter les droits du voyageur en cas de force majeure, ni couvrir votre propre impossibilité d'accueillir, ce serait léonin. Un barème clair, progressif et affiché avant la réservation protège bien mieux qu'une phrase menaçante — et il rassure. Sur ce point, voir comment rassurer un client qui hésite à réserver en direct.
Votre client n'a pas payé le solde à temps. À J-30, le paiement attendu n'est pas là. Commencez par un courriel aimable ou un appel : dans la grande majorité des cas, le voyageur est de bonne foi et a simplement oublié. Si rien ne bouge et que vous sentez que le paiement ne viendra pas, appliquez vos conditions : la réservation est considérée comme annulée, vous conservez l'acompte selon votre barème, vous prévenez le client et vous remettez les dates en vente. C'est le moment d'utiliser les plateformes avec un tarif attractif pour combler le trou. Vous êtes dans votre bon droit, à condition que vos conditions le prévoient clairement.
Le certificat médical. Malgré toute l'empathie qu'on peut avoir, un empêchement personnel — maladie, accident, problème familial — n'oblige pas le propriétaire à rembourser. C'est exactement le rôle d'une assurance annulation, que le voyageur souscrit de son côté. Vous n'êtes pas assureur, et vous n'avez pas à le devenir ; en revanche, rappeler dans votre courriel de confirmation qu'une assurance annulation existe et qu'il peut en souscrire une est un vrai service rendu.
La météo, les grèves, la force majeure. Le mauvais temps n'est jamais un cas de force majeure. Une grève sur la route du voyageur non plus, tant que votre hébergement est accessible et en état de l'accueillir. La force majeure se limite à des événements véritablement imprévisibles et insurmontables, et votre contrat doit simplement prévoir que ces situations sont traitées selon la loi.
Le report plutôt que le remboursement. C'est un geste commercial, pas une obligation, et il ne peut pas être imposé au voyageur à la place d'un remboursement prévu par vos conditions. Il a du sens quand vous avez le temps de relouer les dates libérées, quand vous connaissez le voyageur — un habitué, par exemple — et quand le nouveau séjour a une valeur comparable.
Les nuits relouées. Si vous relouez à quelqu'un d'autre les nuits d'un séjour annulé, faut-il en tenir compte ? La règle légale, en l'absence de conditions prévues au contrat, permet au propriétaire de réclamer la totalité du séjour à un client qui annule après avoir versé un acompte, sauf si le logement est reloué. Et même avec un barème, un juge peut réduire une retenue qu'il estime excessive. Dans les faits, la situation se règle presque toujours à l'amiable : garder l'acompte et relouer est la pratique courante. Mais un propriétaire qui a reloué au même prix a tout intérêt à en tenir compte si le voyageur le lui demande — c'est aussi un geste qui fait revenir.
L'annulation du fait du propriétaire. Avec un acompte, vous remboursez intégralement et immédiatement les sommes versées, et le voyageur peut en théorie réclamer des dommages et intérêts. Cela ne se produit qu'en cas d'événement grave — un dégât des eaux, un incendie qui rend le logement inhabitable — et c'est alors votre assurance qui peut prendre en charge une partie des conséquences. Vérifiez ce que prévoit la vôtre avant d'en avoir besoin.
Faut-il demander des arrhes ou un acompte pour un gîte ?
Un acompte, dans la très grande majorité des cas. C'est l'usage chez les propriétaires comme dans les grands réseaux, et il engage fermement les deux parties. Encore faut-il écrire le mot « acompte » dans le contrat : sans précision, la somme versée d'avance est considérée comme des arrhes.
Peut-on garder l'acompte si le client annule plusieurs mois avant ?
Oui, si vos conditions d'annulation le prévoient. En pratique, beaucoup de propriétaires de gîtes ne retiennent qu'une petite part du prix, souvent 10 %, pour une annulation à plus de 30 jours : assez pour décourager les réservations prises « au cas où », pas assez pour faire hésiter un voyageur sérieux.
Faut-il rembourser un client qui annule avec un certificat médical ?
Ce n'est pas une obligation : un empêchement personnel, même sérieux, ne relève pas automatiquement de la force majeure. C'est précisément le rôle d'une assurance annulation, que le voyageur souscrit de son côté. Rien ne vous empêche en revanche de faire un geste, par exemple un report de dates.
Que faire si le client ne paie pas le solde à l'échéance ?
Commencez par une relance aimable, un courriel ou un appel : la plupart du temps, le voyageur a simplement oublié. S'il ne répond pas ou ne paie toujours pas, appliquez vos conditions : la réservation est considérée comme annulée, vous conservez ce qui a été versé selon votre barème et vous remettez les dates en vente.
Le client a-t-il 14 jours pour se rétracter après une réservation en ligne ?
Non. Le délai légal de rétractation de 14 jours ne s'applique pas aux prestations d'hébergement fournies à une date déterminée, même réservées sur Internet. Toute annulation gratuite que vous accordez relève de vos propres conditions.
Peut-on appliquer des conditions d'annulation différentes selon la période ?
Oui. Les conditions générales posent la règle par défaut, et les conditions particulières d'un contrat peuvent la modifier pour une période ou un séjour donné : plus strictes pour Noël ou le cœur de l'été, plus souples en basse saison ou pour des professionnels de passage. L'essentiel est qu'elles soient affichées avant la réservation.
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