Propriétaire de maison d'hôtes pensive, avec la question : le SIRET est-il obligatoire pour la location meublée et les chambres d'hôtes ?

Faut-il vraiment un SIRET pour un gîte ou des chambres d'hôtes ?

Oui. Et ce qu'on vous a raconté sur les seuils, les petites activités ou les locations occasionnelles ne tient pas devant les textes.

Mis à jour le 6 septembre 2026

La question revient fréquemment dans les échanges entre propriétaires qui contactent ou rejoignent Gîte et Bien, et les connaissances qui circulent sont contradictoires. Alors reprenons calmement, textes à l'appui.

Oui, un SIRET est obligatoire. Pour un gîte, pour un meublé de tourisme, pour des chambres d'hôtes. Que vous louiez toute l'année ou trois week-ends, que vous encaissiez 30 000 € ou 800 €, que vous passiez par Airbnb ou par le bouche-à-oreille.

Il n'existe aucun minimum de recettes, aucune franchise, aucune dispense pour les petites activités. Si vous louez de façon habituelle et à titre onéreux, vous exercez une activité économique, et cette activité doit être immatriculée.

Le reste de cet article sert à répondre aux objections. Elles sont nombreuses, tenaces, et parfaitement compréhensibles : la réglementation a beaucoup bougé, et beaucoup de propriétaires raisonnent encore avec les règles d'il y a dix ans.

Les trois phrases que l'on entend le plus souvent

« Moi je fais ça à titre personnel »

Le fait d'exercer en tant que particulier, chez soi, avec une seule chambre, ne supprime pas l'obligation. Ce qui compte n'est pas votre qualité — vous n'êtes ni hôtelier, ni société — mais la nature de ce que vous faites : une location habituelle, à titre onéreux, annoncée et proposée à la réservation.

L'administration est explicite sur ce point : l'activité de chambres d'hôtes est considérée comme une activité commerciale, quel que soit le montant des revenus générés, même si ce montant est faible ou nul. Le raisonnement vaut à l'identique pour un meublé de tourisme.

« Je ne fais que du Airbnb »

Le canal de commercialisation ne change rien. Airbnb, Booking ou Abritel sont des intermédiaires, pas votre statut. C'est vous qui louez, c'est vous qui encaissez, c'est donc vous l'entreprise.

Passer par une plateforme rend d'ailleurs votre activité plus visible, pas moins. Les plateformes transmettent désormais leurs données de séjours aux communes : une annonce en ligne sans activité déclarée derrière est devenue très simple à repérer.

« Ça fait six ans que je fais comme ça et personne ne m'a rien dit »

C'est probablement vrai. Cela ne signifie pas que la situation est régulière, seulement que rien n'est encore remonté. Or trois choses ont changé récemment : votre numéro SIRET est désormais demandé sur votre déclaration de revenus, les plateformes remontent les nuitées aux mairies, et un téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme se met en place.

Le temps où l'on passait entre les mailles se referme, et il se referme vite.

« Mais je loue si peu… »

Je loue ma résidence principale quelques semaines par an

L'obligation s'impose même si vous louez moins de 120 jours par an. Cette limite encadre ce que vous avez le droit de faire avec votre résidence principale ; elle ne vous dispense d'aucune formalité.

Je n'ai qu'une seule chambre d'hôtes

L'activité de chambres d'hôtes est limitée à cinq chambres et quinze personnes au maximum. C'est un plafond, pas un plancher. Avec une chambre, vous exercez exactement la même activité qu'avec cinq : nuitée, petit-déjeuner, accueil de touristes à titre onéreux.

« Je fais moins de 23 000 € par an, je ne suis pas concerné »

C'est l'argument le plus fréquent, et le plus mal compris. Ce seuil existe bel et bien, mais il ne parle pas du SIRET : il sert à savoir si vous devez cotiser à l'Urssaf. Au-delà de 23 000 € de recettes en location courte durée, vous entrez dans le champ des cotisations. En dessous, non.

C'est tout ce qu'il fait. Il ne conditionne en rien votre immatriculation.

Autrement dit : un propriétaire qui encaisse 6 000 € par an n'a pas d'Urssaf à payer et doit malgré tout avoir un SIRET. Les deux questions sont indépendantes. Beaucoup de propriétaires les ont fusionnées et se croient dispensés de tout parce qu'ils sont dispensés d'une chose.

Les textes, pour ceux qui ont encore un doute

💡 Pourquoi on vous donne ces références ? : Parce que vous avez été quelquefois mal informés et que vous avez besoin de revenir vers qui le comptable, qui le voisin (pas enregistré non plus à tort), qui l'office de tourisme pour votre projet de locations et tous ceux qui véhiculent ces informations sans avoir creusé le sujet.

Et commençons par l'état lui-même qui vous le confirme sur entreprises.gouv.fr: L’obligation d’obtenir un numéro SIRET s’impose-t-elle à tous les loueurs ?

Et là encore : Si je mets en location un bien meublé, dois-je déclarer un début d'activité et avoir un numéro SIRET ?

Références légales encadrant l'obligation d'immatriculation des meublés de tourisme et chambres d'hôtes
Ce que dit le texte Référence
Les chambres d'hôtes sont des chambres meublées chez l'habitant, destinées à accueillir des touristes à titre onéreux Art. L. 324-3, code du tourisme
Nuitée et petit-déjeuner groupés, 5 chambres et 15 personnes maximum, accueil assuré par l'habitant Art. D. 324-13, code du tourisme
Déclaration préalable obligatoire auprès du maire de la commune Art. L. 324-4, code du tourisme
Le défaut de déclaration en mairie est puni d'une contravention de 3e classe Art. R. 324-16, code du tourisme
Les personnes physiques ayant la qualité de commerçant sont immatriculées Art. L. 123-1, code de commerce
L'activité de chambres d'hôtes est commerciale quel que soit le montant des revenus, même nul Service-Public : ouvrir une chambre d'hôtes
Immatriculation dans les 15 premiers jours suivant le début de l'activité, via le guichet des formalités Impots.gouv : les locations meublées

⚠️ Deux obligations, pas une : la déclaration en mairie et l'immatriculation de l'activité sont distinctes et ne se remplacent pas. Avoir déposé son Cerfa en mairie (depuis mai 2026 les communes le font en ligne avec l'API meublés) ne dispense pas d'avoir un SIRET, et inversement. Il faut les deux.

Ce que vous risquez, sans dramatiser

Pas de SIRET, c'est une activité non déclarée. Le mot qui figure dans les textes est celui de travail dissimulé : louer sans être immatriculé constitue une infraction susceptible d'être ainsi qualifiée, et le juge peut prononcer une injonction d'immatriculation.

Nous n'employons pas ce terme pour vous effrayer, mais parce que c'est celui du droit, et qu'il vaut mieux le lire ici que dans un courrier.

Précisons aussi une chose que beaucoup ignorent : radier son SIRET, ou ne jamais en ouvrir, ne fait pas disparaître l'activité. Les revenus restent imposables et doivent être déclarés. La seule différence, c'est que l'activité devient irrégulière.

Et le contexte se durcit. Avec l'API meublés, le téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme ouvert aux communes depuis le printemps 2026, les déclarations des propriétaires et les données d'activité des plateformes vont se croiser. Être correctement déclaré n'a jamais été aussi simple à vérifier — pour l'administration comme pour vous.

Une difficulté avec l'option « non diffusible »

Voici un point qui n'avait que peu d'importance jusqu'à présent, mais qui commence à poser des problèmes avec l'avènement de la facturation électronique.

Au moment de l'immatriculation, un entrepreneur individuel peut demander que ses informations ne soient pas diffusées publiquement. Beaucoup de propriétaires en LMNP ont coché cette option, souvent par réflexe de discrétion, sans mesurer ce qu'elle implique.

Or l'annuaire des entreprises est précisément ce qui permet à vos fournisseurs de vous retrouver dans le nouveau système de facturation électronique. On constate déjà en pratique que certains outils cherchent ces informations et ne les obtiennent pas. Résultat : des factures qui n'arrivent jamais, et un propriétaire persuadé d'être en règle.

La vérification prend deux minutes sur l'annuaire des entreprises, et le statut se modifie depuis votre espace du guichet unique.

Votre SIRET est devenu la porte d'entrée de tout le reste

Avoir un SIRET ne sert plus seulement à déclarer vos revenus. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France doit être en mesure de recevoir ses factures par une plateforme agréée — et c'est votre SIRET qui vous y identifie.

Autrement dit, la question a changé de nature. Le SIRET n'est plus une formalité de démarrage que l'on repousse : c'est ce qui conditionne votre conformité sur l'ensemble des nouvelles obligations, facturation électronique comprise.

Nous détaillons ce que cela implique concrètement, échéance par échéance, dans notre guide de la facturation électronique pour les meublés de tourisme.

Comment l'obtenir, en pratique

La démarche est plus simple que sa réputation, et surtout elle est gratuite. Comptez une vingtaine de minutes devant votre ordinateur.

Si besoin, vous trouverez des services en ligne pour vous accompagner, mais ils sont payants alors que c'est une démarche gratuite.

  • Rendez-vous sur le guichet unique Tout se passe sur formalites.entreprises.gouv.fr. Le formulaire P0i papier n'existe plus depuis 2023.
  • Dans les 15 jours suivant la mise en location Si vous êtes en retard, faites-le maintenant : mieux vaut une régularisation spontanée qu'un rappel.
  • Choisissez votre régime fiscal Micro-BIC ou réel, c'est à ce moment que la question se pose. Le micro-BIC convient à la plupart des propriétaires d'un ou deux hébergements.
  • Vérifiez le statut « diffusible » C'est l'étape que tout le monde survole et qui pose problème ensuite avec la facturation électronique.
  • Comptez environ trois semaines Vous recevrez ensuite votre numéro, puis votre mémento fiscal et le formulaire relatif à la CFE.

Les questions qui reviennent dans nos échanges

Le SIRET est-il obligatoire pour un gîte ?

Oui, sans exception et sans seuil de recettes. Dès lors que vous louez un meublé de tourisme de façon habituelle et à titre onéreux, vous exercez une activité commerciale qui doit être immatriculée au guichet unique.

Faut-il un SIRET pour une seule chambre d'hôtes ?

Oui. La limite de cinq chambres et quinze personnes est un plafond, pas un plancher. Avec une seule chambre exploitée de façon habituelle, vous exercez la même activité commerciale qu'avec cinq.

Je gagne moins de 23 000 € par an, suis-je dispensé de SIRET ?

Non. Ce seuil détermine si vous devez cotiser à l'Urssaf, pas si vous devez être immatriculé. L'obligation de SIRET n'a jamais comporté de seuil de recettes.

J'ai déjà déclaré mon meublé en mairie, cela suffit-il ?

Non. La déclaration en mairie et l'immatriculation de l'activité sont deux obligations distinctes qui ne se remplacent pas. Il faut les deux.

Je loue uniquement sur Airbnb, ai-je besoin d'un SIRET ?

Oui. Le canal de commercialisation ne change rien à votre situation. Airbnb est un intermédiaire, pas votre statut : c'est vous qui louez et qui encaissez, donc c'est vous l'entreprise.

Combien coûte l'obtention d'un SIRET ?

Rien. La démarche est gratuite et se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises. Elle prend une vingtaine de minutes.

Que risque-t-on à louer sans SIRET ?

Louer sans être immatriculé constitue une infraction susceptible d'être qualifiée de travail dissimulé, et le juge peut prononcer une injonction d'immatriculation. Les revenus restent par ailleurs imposables et doivent être déclarés.

Sur le plan fiscal, tout dépend de ce que vous avez déclaré par ailleurs. Deux situations très différentes :

Vous déclarez vos revenus locatifs mais n'avez pas de SIRET. C'est le cas le plus fréquent. L'administration peut revenir sur les trois dernières années et appliquer un intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an, ainsi qu'une majoration de 10 % en cas de déclaration tardive. Désagréable, rarement dramatique.

Vous n'avez ni SIRET ni déclaration de ces revenus. Là, l'administration peut qualifier l'activité d'occulte, ce qui suppose deux conditions réunies : l'activité n'a pas été portée à la connaissance du centre de formalités des entreprises, et les déclarations n'ont pas été déposées dans les délais. Dans ce cas, le droit de reprise passe à dix ans et la majoration atteint 80 %.

Un point qui mérite d'être connu : le dépôt spontané d'une déclaration rectificative par un contribuable de bonne foi ouvre droit à une réduction de moitié des intérêts de retard. Autrement dit, régulariser de vous-même vous coûtera toujours moins cher que d'attendre qu'on vienne vous chercher.

Faut-il un SIRET par gîte ou un seul pour toute l'activité ?

Vous avez un seul numéro SIREN pour votre activité de loueur. Un SIRET distinct est nécessaire lorsque vos hébergements sont situés dans des lieux éloignés, typiquement dans des départements différents. Deux gîtes sur la même propriété relèvent d'un seul SIRET.

Je loue très peu et j'ai entendu dire qu'il y avait un seuil à 760€/an ?

Oui, le seuil de 760€ par an existe bien, mais il est beaucoup plus limité qu’on pourrait le croire. L'article 35 bis du Code général des impôts prévoit qu'il doit s'agir d'une ou plusieurs pièces de votre résidence principale, de la location à des personnes de passage et donc pour moins de 760€/an. Cela peut donc être le cas pour quelques nuitées pour une chambre d'hôtes ; jamais pour un logement entier, qui plus est hors de votre résidence principale.

Ça fait 5 ans que je fais ça, je n'ai pas de siret et j'ajoute bien mes gains Booking sur ma déclaration, alors pourquoi on ne m'a rien dit ?

Les services fiscaux ne peuvent pas être partout à la fois, ils ont sans doute de plus gros poissons à attraper que vous, mais vous allez vite vous faire rattraper par la patrouille avec la mise en place de l'API Meublés d'ici fin 2026, l'obligation de la facturation électronique et le durcissement de la fiscalité sur la location meublée. Et d'ailleurs, vous ne serez plus acceptés par Booking ou Airbnb quand il faudra leur communiquer le numéro unique d'enregistrement de votre meublé de tourisme.

Vous hésitez encore ?

Si vous exercez depuis des années sans SIRET, la perspective de régulariser peut faire peur. C'est souvent à l'occasion d'une discussion avec des propriétaires membres de Gîte et Bien que vous découvrez le sujet, soit à l'occasion d'un projet de nouveau gîte ou de reprise d'un établissement existant.

J'avais une seule chambre d'hôtes et je n'étais pas déclaré. J'ai été surpris de ce que me disait Gîte et Bien et j'ai contacté mon service des impôts qui effectivement n'a pas contredit l'information et m'a invité à régulariser rapidement la situation.

Merci à l'accompagnement de Gîte et Bien : j'ai pu anticiper mon projet de reprise de gîtes avec toutes les informations sur la fiscalité, les démarches administratives, les assurances. En première approche j'ai eu un contact qui ne m'avait pas expliqué tout ces aspects. C'est réellement bien de pouvoir échanger avec une communauté de propriétaires aiguisés sur ces sujets.

Vous êtes dans une situation similaire ? Alors venez en parler avec d'autres propriétaires de Gîte et Bien qui sont déjà passés par là. Gîte et Bien, ce n'est pas qu'un logiciel pour gérer vos réservations, c'est une communauté active de propriétaires engagés qui partagent leur expérience. Assurances, contrats, marketing, comprendre le référencement naturel et augmenter votre exposition à peu de frais, identifier les points clés qui constituent votre différenciation, savoir gérer l'état des lieux ; nous sommes de plus en plus sollicités par les propriétaires, ils nous rejoignent toujours plus nombreux chaque jour à tel point que nous envisageons de mettre au point des formations en ligne.

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